Avez-vous l’impression de rejouer toujours la même histoire ? Les mêmes disputes, avec des partenaires différents. Le même sentiment de ne pas être reconnu, d’un travail à l’autre. Et cette attente, au fond, que quelqu’un vienne enfin vous donner ce qui vous a manqué : de l’attention, de la reconnaissance, de la sécurité.
Si vous vous reconnaissez, cet article est pour vous. Après avoir vu comment reconnaître ses blessures d’enfance, je vous propose l’étape suivante : comprendre pourquoi ces scénarios se répètent, et comment prendre soin de votre enfant intérieur pour ne plus attendre des autres ce que vous pouvez désormais vous offrir.
Qu’est-ce que l’enfant intérieur ?
L’enfant intérieur, c’est la part de nous qui garde la mémoire de ce que nous avons vécu enfant : nos blessures et nos peurs, mais aussi notre spontanéité, notre curiosité, notre élan de vie.
Ce n’est pas une idée abstraite. C’est lui qui se réveille quand on se sent abandonné parce que l’autre ne répond pas à un message, ou humilié par une simple remarque. Et c’est aussi lui qui rit aux éclats, qui s’émerveille, qui ose. Prendre soin de son enfant intérieur, c’est apprendre à accueillir les deux.
Pourquoi rejoue-t-on toujours les mêmes scénarios ?
Les schémas répétitifs ne sont pas de la malchance : ce sont nos blessures non reconnues qui se rejouent, à travers des automatismes que nous n’avons pas choisis.
Tant qu’une blessure n’est pas vue, elle cherche à se faire entendre. On choisit, sans le savoir, des situations qui la réveillent. Quelques exemples que je rencontre souvent :
- on tombe amoureux de personnes peu disponibles, et l’on revit la peur d’être abandonné ;
- on joue le sauveur, on se sacrifie pour les autres, pour enfin se sentir aimé ;
- on se tue à la tâche pour prouver sa valeur, sans jamais se sentir à la hauteur ;
- on contrôle tout, parce que faire confiance a déjà fait trop mal.
Dans le couple, c’est particulièrement visible : le partenaire appuie sur nos boutons, souvent exactement là où ça fait mal. C’est inconfortable, mais c’est aussi une chance, parce que les autres sont des miroirs. Ils nous montrent ce qui a besoin d’être regardé. Sur ce sujet, vous pouvez lire Sortir de la dépendance affective et Le couple : une merveilleuse opportunité de grandir.
Changer de lunettes : regarder son histoire avec les yeux d’aujourd’hui
L’enfant a tiré de ce qu’il a vécu des conclusions sur lui-même, sur l’amour, sur la sécurité, sur la relation : « je dérange », « l’amour se mérite », « on ne peut compter que sur soi ». Ces étiquettes l’ont aidé à s’adapter. Mais l’adulte continue souvent de voir le monde à travers elles, comme à travers de vieilles lunettes.
J’avais dix-sept ans quand j’ai vécu mon premier stage de développement personnel. J’en suis ressortie avec le sentiment d’avoir changé de lunettes en quatre jours : je ne regardais plus ma vie de la même façon. C’est ce que je souhaite à chacun : réinterpréter son histoire avec un regard d’adulte, pour construire des comportements adaptés à la réalité d’aujourd’hui, et non plus à celle de l’enfant d’hier.
Sortir de la posture de victime, sans se culpabiliser
Quand on découvre ses blessures, il y a souvent une étape de colère, contre ses parents, contre la vie. Elle est légitime, et elle a besoin d’être accueillie. Mais si l’on s’y installe, on reste dans la posture de victime : quelqu’un d’autre est responsable de ce que je vis, et j’attends qu’il répare.
Le chemin passe par le pardon, envers les autres et envers soi-même. Non pas pour faire plaisir à qui que ce soit, mais pour reprendre le plein pouvoir sur sa vie. Je le répète souvent : je parle de responsabilité, pas de culpabilité. Vous n’êtes pas coupable de ce que vous avez vécu enfant. Vous êtes en revanche le seul à pouvoir décider de ce que vous en faites maintenant.
Devenir pour soi-même l’adulte rassurant qui a manqué
Prendre soin de son enfant intérieur, c’est apprendre à s’aimer, à se valoriser et à se valider soi-même, pour construire une sécurité intérieure qui ne dépende plus des autres. On parle parfois de « reparentage ».
Pendant longtemps, nous avons remis les clés de notre valeur à l’extérieur : au regard des parents, puis du partenaire, du patron, des amis. Tant que ces clés sont dehors, nous restons à la merci du moindre regard de travers. Les reprendre, c’est devenir pour soi-même la présence qui rassure, qui encourage, qui pose des limites aussi.

Concrètement, cela passe par de petits gestes, répétés jour après jour :
- remarquer quand vous êtes « activé », et vous demander : quel âge ai-je, là, maintenant ?
- écouter un besoin au lieu de le balayer d’un revers de main ;
- vous parler comme vous parleriez à un enfant que vous aimez, surtout quand vous vous êtes trompé ;
- oser dire non, même si cela déplaît ;
- vous mettre en priorité, de temps en temps, sans vous justifier.
Ce chemin n’est pas une promenade de santé. Il demande de relever ses manches, de la patience, de la constance. Mais chaque fois que vous choisissez de vous accueillir plutôt que de vous juger, quelque chose s’apaise en profondeur.
Retrouver l’enfant vivant en soi

Regardez un petit enfant qui apprend à marcher. Il tombe, il pleure, il se relève, et il repart, neutre et vivant, dans l’expérience. C’est ainsi que nous sommes venus au monde. L’enfant intérieur n’est pas seulement celui qui a été blessé : c’est aussi celui qui sait jouer, s’émerveiller, se lancer sans se demander ce qu’on va penser de lui.
Je vous propose un petit exercice. Souvenez-vous d’une chose que vous aimiez faire quand vous étiez enfant, simplement pour le plaisir. Dessiner, grimper aux arbres, inventer des histoires, danser dans votre chambre… Et demandez-vous : quand ai-je arrêté, et pourquoi ? Puis offrez-vous, cette semaine, un petit moment de cette joie-là. Ce n’est pas un caprice : c’est une façon de remettre de la vie dans votre vie.
Un avant et un après
On ne change pas son passé. Mais on peut changer son rapport à lui, et cela change tout le reste. Ce que j’observe en stage depuis tant d’années, c’est que ce qui répare le plus, c’est de toucher l’amour de soi et de se sentir relié aux autres. Il y a souvent un avant et un après. Ça ne veut pas dire que tout est réglé. Mais ça fait bouger les lignes.
Questions fréquentes sur l’enfant intérieur
Comment prendre soin de son enfant intérieur au quotidien ?
Par de petits gestes répétés : repérer quand on est activé, écouter ses besoins, se parler avec douceur, oser dire non, s’accorder des moments de plaisir simple, comme ceux que l’on aimait enfant.
Pourquoi reproduit-on les mêmes schémas relationnels ?
Parce que nos blessures non reconnues se rejouent à travers des automatismes. On choisit, sans le savoir, des situations qui les réveillent. En prendre conscience est le premier pas pour en sortir.
Qu’est-ce que le reparentage ?
C’est le fait de devenir pour soi-même l’adulte rassurant qui a manqué : celui qui accueille, encourage et pose des limites, au lieu d’attendre cette sécurité de l’extérieur.
Faut-il pardonner à ses parents pour avancer ?
Le pardon fait partie du chemin, envers les autres comme envers soi-même, mais il ne se force pas. Il permet surtout de sortir de la posture de victime et de reprendre le pouvoir sur sa propre vie.
Et si vous offriez ce temps à votre enfant intérieur ?
Le stage Guérir ses blessures d’enfance vous propose trois jours en immersion pour vous mettre en contact avec le vécu de votre enfant intérieur, regarder votre histoire avec de nouvelles lunettes et retrouver votre sécurité intérieure. Prochaine session du 27 au 29 novembre 2026, à Cadenet, près d’Aix-en-Provence (hébergement et repas en supplément, facturés par le lieu).
Si vous souhaitez d’abord découvrir ma façon de travailler, Le Voyage des Héros est la porte d’entrée de mes stages : prochaine session du 19 au 21 février 2027, à Cadenet.
Cet article partage une approche de développement personnel. Il ne remplace pas un suivi médical ou psychologique




